Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Et le couple dans tout ça?

Pour le billet du jour, je mets de côté un moment mon sens de l'humour bas de gamme pour endosser celui du psy de comptoir. J'ai envie de vous parler de la vie du couple avant/pendant/après une FIV. Pour ce faire, je m’appuierai sur un dossier très intéressant trouvé ici et dont la lecture m'a bien aidé : 

http://www.psychologies.com/Famille/Maternite/Sterilite/Articles-et-Dossiers/La-Fecondation-in-Vitro-30-ans-plus-tard/Sexualite-le-couple-a-l-epreuve-de-l-eprouvette

"Une aventure éprouvante, souvent qualifiée par les médecins de ' montagne russe émotionnelle '. "

"la PMA est ' une épreuve qui resserre les couples s’entendant bien et disloque ceux qui sont déjà fragiles '."

Ces propos se trouvent dans l'introduction dudit dossier et je ne peux qu'aller dans ce sens. Ca a même été un soulagement pour moi de les voir formulés ainsi. J'avais la conscience viscérale de ces faits mais je ne crois pas que je les avais encore énoncés d'une façon aussi claire et évidente.

Une épreuve, la PMA? 

Pour moi, la PMA est une épreuve que le couple doit franchir. Comme toute épreuve, il peut y avoir une issue heureuse (la réussite) ou malheureuse (l'échec). Le problème est que le couple n'a que peu de pouvoir sur les chances de réussite. Il doit s'en remettre aux équipes médicales et à la chance. Partant de là, il convient déjà de savoir "lâcher-prise" comme il est question dans la dernière partie du dossier. Le couple ne contrôle pas ce qu'il se passe et ne fait que subir une situation déjà problématique ce qui engendre forcément une forte dose de frustration.

La frustration : 

C'est cette frustration qui sera le catalyseur des difficultés de couple. Ce sera d'autant plus compliqué si les problèmes de fertilité ne touche qu'un des deux membres du couple. La frustration pourra rapidement se transformer en ressentiment vis à vis du partenaire avec les questions typiques "pourquoi dois-je supporter tout ça à cause de problèmes de mon partenaire? C'et injuste!". Nouvelle source de frustration et de tensions...Pour certains le début de l'escalade? Je ne suis ni psy, ni statisticien, je me garderais bien d'une conclusion formelle à ce sujet.

De notre coté, nous avions tous les deux des problèmes : Madame ovulant de manière erratique et mon spermogramme constituant une liste intéressante de troubles de la fécondité(résumé : difformes, éphémères, mous et peu nombreux, ça vous va? ^^). A l'origine nous connaissions tout deux ses problèmes à elle mais au moment où nous avons découvert les miens, j'ai vécu ça un peu comme un soulagement : elle ne portera pas seule la culpabilité de ne pas arriver à concevoir et nous pourrons mieux nous soutenir dans cette épreuve.

Gagner à deux : 

Car il s'agit bien d'une épreuve qu'il faudra passer à deux quoi qu'il advienne et quel qu'en soit le dénouement.... Quel qu'en soit le dénouement... C'est là toute la difficulté de la chose. Lors d'une épreuve "classique" (dans le sens, mieux connu) comme un deuil, un gros problème financier, ..., l'épreuve a un début, une fin, point , fin de l'histoire. Dans le cadre de la PMA, en cas d'échec, il ne s'agit en rien de la fin de l'histoire. Bien au contraire, la PMA permet aujourd'hui de faire plusieurs tentatives et quand une tentative se solde par un échec, la réaction la plus normale sera de s'accrocher à l'espoir du prochain essai, tout en ajoutant une nouvelle pression sur le nombre d'essais limité que la science et la sécu veulent bien offrir.

Je pense que la plupart des couples prennent chaque tentative comme une épreuve alors que c'est la PMA dans sa globalité qui doit être vue et gérée comme une épreuve. Sans ça, chaque tentative ratée sera vécue et subie comme un échec, une nouvelle claque à encaisser et potentiellement une nouvelle fuite en avant vers de nouvelles tentatives désespérée et destructrice.

Eviter la "dépense gâchée" : 

D'après le dossier de www.psychologies.com, 30% des couples arrêtent à la première ou deuxième tentative. Cela signifie également que près des trois quarts des couples vont persister et s'engager de plus en plus dans une conduite particulièrement coûteuse en temps, énergie et en forces mentales.(cf la notion de "Dépense gâchée" et de "piège abscons": illustration) Dans leur petit traité de manipulation, Beauvois et Joule donnent des clés pour se prémunir de ce type de comportement. Pour moi, il y a deux qui sont impératives (pour notre genre de couple, ceci n'est pas un manuel, juste un témoignage).

En premier lieu, il faut savoir se fixer une limite : jusqu'où est-on prêt à aller en tant que couple? Se mettre d'accord là-dessus, en discuter, se raisonner l'un l'autre. Pour la PMA en général, est-ce que le couple se sent prêt à passer par tous les examens, tests, protocoles? Se sent-il capable d'aller jusqu'à la FIV? Est-ce que ça n'entre pas en conflit avec des croyances ou des principes de vie personnels? Pour cela, il faut être informé et cela fait souvent défaut aux couples entrant en PMA, nous les premiers. Nous nous sommes engagés dans une démarche dont nous connaissions les étapes "techniques" mais sans avoir aucune idée de la difficulté engendrée au quotidien.

En second lieu, après chaque tentative infructueuse, savoir se "pauser/poser", se donner le temps de prendre du recul et de recharger les batteries. Il faut également se reposer les bonnes questions : où en est-on de notre limite de base? L'a-t-on atteinte? Est-ce qu'on fait le choix de continuer? Sous quel délai? En a-t-on la force à l'instant T? Qu'est-ce l'équipe médicale en pense? Ont-ils du nouveau à nous apporter pour augmenter nos chances? Est-on dans un nouvel état d'esprit permettant de se replonger dans un protocole plus sereinement que la fois précédente?

Les risques?

Sans ces questionnements et cette temporisation, le couple va se mettre en danger, sous une pression qu'il n'est aisé pour personne de supporter. Cela ne veut pas dire qu'il y a forcément risque d'éclatement du couple, seulement que le lien sera mis à rude épreuve et que les liens les moins fort seront plus à même de se briser. Les couples et les individus ne sont pas égaux face à l'adversité. Avoir du mal à supporter une PMA ne veut pas systématiquement dire que le couple est faible et peu lité, seulement qu'il était mal armé pour affronter ça.

Les "récompenses"?

En revanche, en cas d'issue positive, le couple pourra se féliciter à deux d'être sorti victorieux d'un tel combat et le lien n'en sera que plus fort qu'avant. Et même en cas d'échec et d'un arrêt choisi, voulu de la PMA, le couple aura su passer tout cela en conservant sa capacité de décision à deux et en maintenant l'équilibre global, ce qui ne sera pas du luxe si il y a décision d'adopter par exemple.

Comme le dis l'adage, ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, alors autant s'armer au mieux en amont pour affronter ce que le vie nous pose comme écueil.

Les commentaires sont fermés.