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22/06/2014

Ca a marché! Pourquoi? Comment? Chronique de nos chances...

Notre première FIV est donc une réussite. Totale on pourrait même dire.

Et c'est tout aussi plaisant qu'inattendu. Avec le petit recul dont je dispose aujourd'hui, je vais tâcher de revenir sur ce qui a pu faire pencher la balance de la chance en notre faveur.

Ne maximisons pas nos troubles:

Tout d'abord, relativisons nos problèmes; commençons par les miens :

J'avais un spermogramme très moyen avec un taux de survie à 6h de 0% (ie : tous mes spermatozoides étaient mourrus au bout de 6h, normalement ça tient 24h, le temps de remonter le col de batailler avec les potes, de trouver le bel ovule et de passer le videur à l'entrée). Alors ok, pour faire un bébé couette, c'est foutu. En revanche, sur une fiv, la fécondation a lieu dans l'heure qui suit la sortie des troupes, ça rend déjà la chose beaucoup plus probable.

Ensuite, ils étaient plus ou moins tous difformes(on appelle ça tératospermie), ce qui laissait présager un bien piètre capital génétique et de faibles chances de survie en cas de fécondation. encore une fois, les protocoles de fiv incluent une sélection drastique des meilleurs specimens. En clair, au milieu d'une bande d'elephant men, on va essayer de trouver quelques Songoku bien bâtis.

Enfin, ils étaient peu nombreux, ce qui fait que la sélection lors de la montée du col allait s'apparenter à un génocide en règle. On n'attaque pas une nation avec 2 gusses en sandales. Encore une fois, la fiv permet de sélectionner les meilleurs et de leur faire prendre un gros raccourci en les mettant directement en présence d'un ovule bien en chair.

De mon coté donc, même si pour une conception naturelle, fallait pas trop y compter, la science nous permettait déjà d'y croire un peu plus. (et c'est bien ce que nous avait dit le tout premier gynéco de ma femme après mes premiers examens "avec une fiv, ça marchera") Il existe bien des cas beaucoup plus à plaindre que moi.

Passons ensuite aux problèmes de Madame : 

Une ovulation plus qu'erratique : qu'à cela ne tienne, la stimulation ovarienne est là pour pousser le corps à pondre de jolis oeufs! Ca évite bien des tests d'ovulation et crac-crac mécanique à heures médicales...

Plus pénibles : l'endométriose et des ovaires polykystiques. Là-dessus, la prudence était de rigueur. Seuls les personnels de l'HFME de Bron ont su en tenir compte. Souvenez-vous de notre premier service de PMA(par là): en gros Madame était trop grosse et la stimulation n'allait pas fonctionner, il allait falloir lui coller des doses de cheval. Discours de l'HFME : avec des ovaires polykystiques, il faut être très précautionneux, sans quoi on peut vous hyperstimuler et vous faire éclater les ovaires... Ici, la qualité de la prise en charge a permis de prendre en compte un problème mal connu sans mettre en danger Future Maman.

Les bonnes idées de notre parcours:

Parce que pendant toute notre quête de parentalité, on a eu quelques éclairs de lucidité sur certains points.

L'acupuncture : 

J'en parlais ici. On n'aura jamais de preuve formelle que ça a aidé. Néanmoins, attaquer une stimulation ovarienne avec des ovaires propres de tout microkyste et avec un volume d'endométriose bien contrôlé, je ne peux pas croire que ça n'ait pas été d'une aide précieuse. Un grand merci au Docteur Sun.(il nous a aussi traité de l'asthme, des problèmes de genoux, d'épaule,et j'en passe)

La rigueur des traitements :

Clairement, je pense qu'on fait partie des bons élèves. Tous nos traitements ont été suivi hyper scrupuleusement, que ce soit avant, pendant ou après le protocole. Toutes mes vitamines du matin, je ne les ai oublié que 2 ou 3 fois en plus de 6 mois de traitement. Pendant la stimulation, les consignes étaient de faire les injections à heure fixe, on n'a jamais dépassé de plus de 10 minutes. Bref, un comportement de premier de la classe, limite fayot, mais quand tu décides de faire confiance à une équipe, autant aller au bout de ce qu'ils proposent.

Notre hygiène de vie : 

Alors oui on est en surpoids autant moi que Madame. Certes on n'a pas réussi à perdre ce qu'on souhaitait ou ce qui nous était conseillé pour la FIV. Néanmoins, nous avons su stabiliser nos courbes de poids, perdre un peu en se mettant à manger mieux. Pas moins(gourmands que nous sommes!). Mieux. Moins de fastfood(préférer un bon burger maison avec un steak haché frais et des légumes du marché!), plus de fibres, de vitamines naturelles (pommes, bananes,agrumes...). On s'était également remis à faire un minimum de sport (badminton et hapkido pour moi, Karaté pour Madame). J'ai aussi arrêté les tupper plastique pour bouffer au boulot, j'ai levé le pied sur le téléphone dans la poche du pantalon, j'en ai acheté des plus amples pour éviter les montées de températures au niveau testiculaire.

A quoi tout ça a servi? A mon avis, principalement à rendre nos organismes plus robustes pour les moments de stress et de fatigues intenses. Et même sans preuves scientifiques formelle, je veux encore une fois croire que dans tout le protocole, cette démarche aura clairement servi à quelque chose! 

Le lâcher-prise : 

J'en parlais déjà ici suite à la lecture de ce très bon article de psychologie.com. Lors du démarrage du protocole, nous avons dressé une défense psychologique forte : la première ne marchera très probablement pas. Avec les stats de la PMA en France, être trop optimiste sur une première tentative nous semblait risqué. On s'est donc mis en tête que ce n'était qu'un coup d'essai et qu'il faudrait recommencer, nous déchargeant du même coup de pas mal de stress et d'attentes excessives. Au final il s'est passé ce que décrivait le médecin dans l'article cité plus haut.

Une équipe de pointe : 

"QUÆ SUNT CÆSARIS, CÆSARI", il faut rendre à césar ce qui est à  césar.

Nous avons vraiment eu une équipe formidable et ce, à tous les niveaux. Depuis les premiers rendez-vous jusqu'aux dernières phases de la fiv. Les médecins, professeurs, sages-femmes, secrétaires, tous ont fait montre d'une compétence rare et d'un humanisme particulièrement réconfortant.

Se lever à 4h du matin pour passer des échographies couperets tous les deux jours n'est pas forcément une partie de plaisir. Mais chaque matin, nous étions reçu par des sages-femmes douces, compréhensives, rassurantes, toujours souriantes, et ce malgré le démantèlement en règle de leur statut

Enfin, d'un point de vue purement technique, j'ai la sensation que notre équipe de PMA fait partie de ce qu'il se fait de mieux au moins en Rhône-Alpes (exemple). 

La chance:

Et oui, je pense qu'on a aussi eu un peu de chance, que Futur Bébé sera un wonder Baby qui va s'accrocher à la vie au moins autant qu'on s'accroche déjà à lui! Il a du avoir un forte volonté pour en arriver jusque là. De 13 embryons du départ, il sera le seul à avoir survécu. Je crois que je l'appelerai Highlander! :)

19/06/2014

Ding dong! Devine qui c'est?

Ca faisait quelques temps qu'on le sentait venir...

Les premières prises de sang positives, les symptômes de plus en plus présents...

Après 2 échographies de validation, on peu le dire!!!

CA A MARCHE!!! :))

Notre première FIV! Elle a fonctionné!

Une première échographie précoce (à 6 SA) pour voir un petit haricot avec un cœur qui battait déjà, et plus récemment une nouvelle échographie à 12 SA pour enfin voir la petite bête qui bouge!! Avec sa tête, ses bras, ses jambes et tout!!! 

Je pense qu'on fait partie des chanceux, d'avoir une première tentative qui fonctionne comme ça, on peut s'estimer heureux!

Je ferai une note plus détaillée pour tenter de cerner ce qui nous a permis de pousser la chance, mais pour l'instant, on savoure!!!

Et pour ceux qui voudraient revivre nos péripéties en détail, c'est par là!

02/06/2014

Ponction, fécondation,..., implantation?.?.?.?

Après être passé par plusieurs semaines difficiles de surcharge hormonale, il ne nous restait qu'une grande étape à passer : la ponction suivie de la fécondation et de l'éventuelle implantation en fonction de la réussite des étapes précédentes.

La ponction est un acte chirurgicale consistant à aller chercher dans les ovaire de Madame les ovocytes suffisamment mures. Pour les pousser à maturation une dernière piqûre aura été nécessaire 36h plus tôt (histoire de bien finir de charger la mule). Cette opération sous anesthésie générale est a priori plutôt simple, plutôt rapide, plutôt bénigne...

On va passer par le bas, comme pour une écho, puis une longue aiguille va traverser tout un tas de tissu jusqu'à l'ovaire pour en aspirer le contenu.Une fois, deux fois, peut-être plus, pour parvenir à en récupérer le plus grand nombre. A gauche et à droite donc... Mesdames un peu rondelettes, quand on vous dit d'essayer de perdre un peu avant de lancer la FIV, si il y a un truc qui doit vous motiver, c'est ça!

Sachez donc que les ovaires sont des organes assez volatiles dans le ventre et que face à une seringue, ils vont avoir tendance à "glisser". Pour les percer, le chirurgien va devoir les caler en poussant par l'extérieur. Si vous avez de belles poignées d'amour, ce salopard va devoir pousser très fort pour obtenir le même effet qu'une simple pichenette chez une anorexique... et quand je dis pousser très fort, imaginez qu'un sumotori de 180kg va venir vous comprimer le bide avec son genou pendant 20 bonnes minutes... Imaginez ensuite le mal de chien que ça peut faire au réveil... Il semble que ce soit à mi-chemin entre la déchirure musculaire et la crampe permanente.

Voilà en résumé ce qu'il se passe : 

Ponction.jpg

Source : http://www.natisens.com/Articles/Fecondation_in_vitro/Pon...

 Coté rassurant, vous repartez avec une semaine d'arrêt... Moi j'ai juste eu le droit de retourner bosser le lendemain matin. Pas glop!

Je vous passe les détails sur le fait que ma chérie tardait à remonter, sur les heures d'attente à simplement ne rien faire, sur la tristesse mêlée d'espoir lisible sur chacun des visages des futurs papas présents ce jour là, sur le coté "usine à bébé" tellement les femmes sont nombreuses à passer sur le billard ce matin là. J'en recauserai peut-être une prochaine fois...

Après ça, nous rentrerons l'après-midi même avec une info cruciale : 18 et 13... 18 pour le nombre d'ovocytes ponctionnés, 13 pour le nombre d'ovocyte "micro-injectées"(fécondés quoi). D'après la biologiste, c'est un bon chiffre.

Compte tenu de notre dossier médical, l'équipe soignante décidera de nous passer en protocole long. C'est à dire que là où certaines nanas se voient implantée leur embryon le lendemain matin, nous, nous allions devoir attendre quelques jours qu'ils se développent un peu plus...(histoire de blastocystes, tout ça, je ferai une note spécifique là-dessus aussi je pense)

A partir de là, notre quotidien deviendra surréaliste. Chaque jour, la biologiste nous appellera pour nous donner des nouvelles de nos embryons "et bien ils vont bien, j'en ai quelques uns qui sont un peu plus lents mais sinon ça va". Le lendemain : "alors ils se développent bien, j'en ai 3 qui sont à x cellules..."

...

Recevoir à distance des nouvelles de nos embryons est quelque chose d'étrange. Vraiment étrange. Une partie de nous commence à vivre, mais au loin. Et c'est une parfaite inconnue qui en surveille le développement... Étrange et frustrant donc. Car chaque jour qui passe verra le nombre d'embryons diminuer systématiquement et ainsi les chances d'en avoir au moins un de viable sur la fin...

Concrètement, en étant partis des 13 ovocytes fécondés, pour tomber à 10 embryons viables 48h plus tard... Puis 8, puis 6, puis 5, avec chaque jour l'angoisse d'un chiffre trop proche du zéro. Chaque jour nous tentions des paris sur le nombre qu'il en resterait et nous restions pendus au téléphone attendant le coup de fil de la biologiste...

Et puis au bout de 5 longs jours le coup de fil fatidique : venez demain, on pourra tenter une implantation, tâchez de vous reposer la question suivante : 1 ou 2 embryons à implanter?

Autant au tout début, cette question me flippait parce que 2 embryons pouvant être synonyme de jumeaux, j'étais pas bien bien rassuré... Autant à ce moment on a jugé que notre avis ne valait pas tripette et qu'on se rangerait quoi qu'il arrive à l'avis médicale de ce qui était le mieux pour notre taux de réussite.

Ce sera donc 2. Deux petits embryons, implantés en l'espace de quelques secondes. Vu tout ce qu'on avait déjà passé comme examens et interventions, cette partie a été une bonne rigolade : position gynéco, micro seringue et hop c'est fini bonne chance pour la suite et on espère ne pas avoir besoin de se revoir trop vite! :) Bonne journée et Adieu monsieur le gynéco!! (enfin on espère)

 

En sortant de la PMA, première nouvelle impression : on attend un bébé.. S'accrochera, s'accrochera pas, on en sait encore rien, mais déjà on a l'impression d'avoir franchi un nouveau palier immense... IL Y A UN BEBE DANS LE VENTRE DE MADAME!!!!

Et pourtant, on n'en avait pas terminé du stress, ni de l'attente. Parce que ces petits bouts de vie, ces futurs bébés vont devoir s'accrocher et témoigner d'une envie de vivre aussi forte qu'on a envie de les voir!

Va donc commencer un nouveau traitement hormonal pour Madame, à base de progestérone et ayant pour but de stimuler la croissance de l'endomètre afin que les embryons s'y accrochent. Mesdames, si vous n'aimez pas les ovules, la sentence ici, c'est 1 le matin, 2 le soir, pendant 3 mois... Enjoy! (le petit cachet d'acide folique en sus passe ici totalement inaperçu d'ailleurs)

Et les premiers jours d'une nouvelle attente : les prises de sang pour mesurer le taux de beta-HCG afin de s'assurer que l'embryon se fixe et que le corps réagit bien en fonction... Tous les 2 jours... Avec attente de la piqûre, attente du résultat... Nouvelle phase de stress, d'attente, d'incertitudes qu'il va falloir surmonter à deux!! Comme d'habitude!