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22/05/2014

Papa, moi?

Avant de partir en FIV, il a bien fallu se rendre compte que la conception naturelle n'y faisait rien.

Et pour en arriver là, il a bien fallu à un moment donné évoquer la parentalité.

Sauf que quand on a une trouille bleue des gamins, qu'on constate aussi régulièrement qu'amèrement que ces mêmes gamins sont au moins autant flippés que moi à la simple vue de ma face...

Ca part mal.

Très mal même.

L'idée d'être appelé "papa", si attendrissante et attendue pour certains, me foutait une trouille de tous les diables.

Ajoutez à ça une pincée de "vieux garçon, ma vie elle est très bien je vois pas pourquoi je me ferais chier avec un morveux qui me gerbe dessus, qui m'empêche de dormir et qui a le culot de téter les seins de ma femme en ma présence"... Il faut que je détaille encore un peu?

Alors pour éviter ça, le futur papa qui s'ignore, il trouve pleins de subterfuges: "Et si on faisait construire une maison? Non parce que tu comprends ma chérie, élever un enfant sans terrain pour le voire gambader, j'ai pas envie!" ou encore "et si on se mariait? avec une chiard, on pourra pas se marier dans les meilleures conditions!" et le sempiternel "Nan mais je me sens pas prêt, j'ai pas la maturité, et puis regarde le bordel à la maison, on n'est pas capable de s'occuper d'un bébé, on le mettrait en danger!!"...

Sauf que pendant tout ce temps l'horloge tourne... Et si on devait trouver le subterfuge ultime du "je suis trop vieux, je ne PEUX plus avoir d'enfant", la sensation d'avoir raté le coche, perdu la chance de s'essayer à la parentalité... Premier coup de froid.

Toujours pendant ce temps, une autre horloge tourne : la biologique de Madame. Madame a le corps, le coeur et l'âme prêts à porter, enfanter, pouponner,... Réfuter la parentalité, c'est lui refuser ce désir profond, essentiel, c'est refuser de s'accorder sur quelque chose de profond et d'important dans la vie d'un couple. C'est aussi fermer la discussion et ne lui laisser que l'attente et le regard sur le tic-tac de l'horloge.

 

Puis vient le changement, le retournement.

Sournois, insidieux, lent, mais sur, il arrive...

Les amis viennent avec leurs enfants... On en vient à regretter d'avoir une tête à faire peur. On commence à se dire qu'ils sont mignons, rigolos, qu'ils ont poussé et fait beaucoup de progrès depuis la dernière fois. 

On se dit qu'on aimerait bien jouer avec, si on leur faisait moins peur... Ah, zut, on leur fait moins peur en fait... On se découvre des qualités d'hypnotiseur de haut vol (ah ma guitare, espérons qu'elle fonctionnera encore avec le(s) mien(s)). Et puis on découvre que ce sont de vrais petits êtres, adorables, caractériels, pénibles, trop mignons,..., qui se souviennent de nous, qui nous apprécient, qui veulent nous voir...ou pas...

Et puis au final, on finit par regarder les amis avec envie et on en oublie les premiers contacts avec ces bébés qui nous balançaient tour à tour pisse, gerbe, caca, pleurs... Et on se dit que ça manque à la maison ces pleurs, ces rires, ces cacas, ces vomis...

 

Sans m'en rendre compte, j'étais passé du "surtout pas d'enfant" au "il arrive quand le notre?".

Alors certes, ce petit n'a pas encore pointé le bout de son nez et on ne sait pas forcément quand il le fera, mais j'attends son arrivée. Non sans peur, car on ne se débarrasse comme ça de la peur, mais je l'attends quand même, et j'espère bien qu'il finira par pointer le bout de son nez.

(et puis si il arrive pas, de toute façon, on se casse aux Antilles, sans lui, pour sa peine, petit con! :D )

Pourquoi écrire?

C'est un premier post qui revient souvent.
On se demande et on explique pourquoi on a voulu écrire.
Comme si on devait justifier le fait de vouloir partager un témoignage.
Pour ma part, j'ai envie d'écrire et je n'ai pas besoin de meilleure raison pour le faire!

Néanmoins, il m'a fallu 2 déclencheurs pour en arriver là:

  • Le besoin d'expression
  • L'envie de partager

Au niveau de l'expression, j'avais besoin de faire sortir tout un tas de choses.
Envisager la parentalité peut déjà être difficile, alors quand il faut y ajouter des déboires médicaux, ça devient carrément pénible!

En tant que bon macho fini (oui ami lecteur, autant que tu le saches dès maintenant, je suis un sale macho de base, tu aurais de toute façon fini par t'en rendre compte tout seul), en tant que bon macho fini disais-je, je n'ai guère tendance à appeler les potes pour m'épancher sur leurs fortes épaules à propos de la difficulté de ma condition. Non, le seul soutient que j'attends et que je reçois est celui de ma chère et tendre. Il est néanmoins des moments où on aimerait une oreille de la même condition que nous. Au risque de passer pour un vieux gay refoulé (et même si c'était le cas, qu'est-ce que ça peut te foutre??), mais l'oreille attentive et la complicité d'un pair masculin n'ont que peu d'égales.

De ce besoin est né une curiosité internautienne autour des témoignages de (futurs)parents en FIV. Force est de constater que l'écrasante majorité de ces récits émanent de la gente féminine. Moins pudiques de leurs soucis, les femmes sont plus enclins à partager leur ressenti.
Face à ce constat, j'ai eu envie de partager mon expérience, espérant qu'elle pourrait être utile ou réconfortante à quelque usine de testostérone esseulée.

Ces pages vous conteront donc ce que j'ai vécu, ce que Nous avons vécu, à travers mon regard et mon ressenti d'homme

A très bientôt ami lecteur!

Le mot est lâché!

Infertilité.

Primaire de surcroît.

Moi qui ai tendance à me prendre pour quelqu'un d'évolué, j'aurais préféré une infertilité "de bon gout", "raffiné" ou alors un truc qui a de la gueule genre "infertilité sa race", "infertilité qui roxxe du poney" ou très à la limite un bon calembour des familles "infertilité, rature?", "infertilité, à la menthe?"... (oui oui je sais, je sors -->> [] )

 

Le diagnostic n'est pas apparu tout seul. Si vous avez raté l'épisode précédent, il est ici.

On avait donc pris différent rendez-vous pour savoir ce qu'il en était. Pour savoir ce qu'il en était autant du coté de Madame que du mien, on m'a demandé de faire un spermogramme. Euh... un quoi??? Un cdhxdkwsmogramme!!!

Bah ouais quand on est pudique et un tantinet coincé, le mot est dur. Surtout quand il s'agit d'appeler le labo pour prendre rendez-vous, qu'on est au boulot et qu'on n'a pas trouvé d'abri antiatomique pour passer l'appel...

Mais à coeur vaillant rien d'impossible, j'ai mon rendez-vous!

Un charmant samedi matin, pluvieux, je me pointe au labo à l'heure dite.

- Bonjour messieurs dames, vous venez pour?

- Un spercfrqrswdsmogramme.

- Un quoi?

- Un SPERfckrdssogramme!!!

- Pardon???

Ouais tu vois, j'ai toujours autant de facilités à prononcer les mots importants!

Enfin bref, la dame nous conduit dans une petite salle mansardée et m'explique brièvement le protocole à suivre : lavage des mains, de la quéquette, désinfection du tout avec un savon spécial, prélèvement par masturbation...

Alors je veux pas jouer la sainte nitouche mais franchement, me branler dans une vieille alcove glauque avec comme argument de motivation "y'a des magasines de 1937 dans le tiroir" (connasse je suis venu avec ma femme, comme si j'avais besoin des tes magasines à 2 balles!)...

Pour le coup, contrairement à la conception naturelle, le spermogramme n'a rien d'une partie de plaisir. On se sent con, comme une piètre usine à foutre (même pas en bon état de marche si ça se trouve, vu qu'on en est là), à faire un acte qu'on a pourtant tous fait un nombre incalculable de fois dans notre existence, mais dans un contexte qui donne franchement pas envie...

Enfin bon, je finis quand même par faire fap-fap dans le gobelet, déçu dans mon amour propre par la faible quantité produite (j'te jure, le contexte aide pas à sortir ta meilleure performance!), on rend l'échantillon, on laisse une somme avoisinant les 80 euros et on rentre à la maison.

Quelques temps plus tard, rendez-vous avec le spécialiste qui lâchera tout un tas de noms barbares mais avec celui-ci qui me restera le plus : INFERTILITE PRIMAIRE.

La claque dans ma gueule, je ne pourrai très probablement pas avoir d'enfant sans aide médicale.

Paradoxalement, ça me rassure. Sachant que ma chère et tendre avait déjà des soucis, le fait que j'en ai aussi va nous permettre d'être sur un pied d'égalité et de ne pas entendre tous les médecins fustiger ma femme pour ses problèmes. Les problèmes sont partagés, les efforts le seront aussi, quelque part, je préfère qu'elle ne soit pas la seule à porter les ennuis médicaux. Et pour la première fois, on nous dit qu'il y aura très certainement à faire une FIV...

Bon ben nous reste plus qu'à prendre rendez-vous avec un des départements de PMA de notre région.