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22/05/2014

Les examens boursiers...

Ou comment se faire remettre les bourses en action (à défaut d'avoir des actions en bourse, ©Coluche il me semble)...

Petite note transverse, de guide de bienvenue au futur papa en PMA.

je vais ici tâcher de recenser le bonheur immense d'avoir pu passer toute une batterie de tests, examens et autres joyeusetés.

Le principal, le premier, le grand classique, j'ai nommé le spermogramme!

J'en ai déjà parlé ici. Pour ceux qui auraient raté l'info, je vais y revenir.

Le but du spermogramme est de savoir si tes spermatozoïdes sont suffisamment compétitifs pour pouvoir envisager une nuit d'amour avec l'ovule de Madame.

Concrètement, on va mesurer leur nombre, leur forme, leur mobilité, leur taux de survie (there can be only one!) et d'autres choses encore...

Pour toi, futur papa, il va te falloir aller faire un tour dans un labo privé ou dans celui du service de PMA le plus proche. Tu vas y rencontrer des secrétaires plus ou moins habituées à recevoir des hommes pour ce genre d'examens et surtout pas forcément capables de te mettre à l'aise. (je ne leur jette pas la pierre, ce n'est pas forcément fun de voir arriver des gros autistes tout frustré et déjà flippé du futur résultat) Moi, le premier, c'était dans un labo privé avec des secrétaires sympas mais qui ne m'ont pas mis hyper à l'aise. Pour les examens plus récents, je les ai fait au centre de PMA où on est suivi et je les ai trouvées plus avenantes (mais c'est peut-être moi qui me détend à la longue).

Ensuite tu auras un joli protocole d’hygiène à passer et puis il te faudra te branler dans un gobelet...

Avec les questions que je pense inévitables : y'en aura assez? et les autres gars ils à éjaculer plus que moi? j'ai pas été trop rapide? j'veux pas passer pour un éjac précoce! et si les résultats étaient catastrophiques, et si ça me foutait une panne et que j'y passais 2heures???

Ces questions, laisse-les au placard. Tout le monde se fout que tu puisses t'astiquer en 2m30 chrono ou que ça prenne 40 minutes (de toute façon, par la répétition du prélèvement, tu apprendras à faire vite et utile). 

Pour la quantité de substance produite, tu t'en fous aussi, des gars peuvent éjaculer des litres et être stériles. Les seules quantités importantes sont celles qui ne seront vues qu'au microscope. 

Mon conseil, si tu as besoin d'un stimulant, ne compte pas sur les revues cachées dans le tiroir et datant des années 20. Au choix, je te conseillerais sois les technologies actuelles, soit mieux, un brin d'imagination sur la prochaine partie à faire avec Madame dans des conditions optimales.

Dans tous les cas, tâche de t'habituer à cet examen, tu vas en refaire a priori assez souvent, au moins tous les 3 mois pour vérifier si le traitement de cheval qu'on t'a collé fait effet ou pas...

 

Palpation, examen de surface, et plus si affinités :

En fonction de tes résultats on va t'envoyer faire d'autres examens pour affiner les causes des éventuelles problèmes. De mon coté, j'ai été voir une urologue qui devait essayer de voir pourquoi mes zozo étaient autant difformes et si peu nombreux à survivre (et si peu nombreux en règle générale).

Là, une nouvelle épreuve t'attend ami futur papa...

Tu te retrouves dans le cabinet d'un spécialiste, généralement quartiers chics, vieil immeuble, plafond à 4m50, et des vieux de partout... Euh... Attend... Des vieux???? Mais je viens pour des problèmes de procréation moi!!! Ouais mais c'est une urologue, spécialiste donc de tout l'appareillage masculin. et ben les vieux incontinents, il faut bien qu'il aille voir quelqu'un aussi!

Je me suis donc déshabillé dans un bureau de 60m², derrière un pauvre paravent, pour me faire palper les bourses à la recherche d'une malformation, d'un problème de positionnement ou autre anomalie dont personne n'a jamais vraiment entendu parler...

Dans la série, moment de solitude, c'est déjà pas mal...

Je vais pas te raconter ma vie, mes peurs, mes angoisses et ma pudeur, mais disons que montrer mon sexe à une inconnue dans un contexte qui m'est aussi étranger, bah c'est pas évident. Et à tous les gros bourrins de service qui oseraient tenter le "nan mais trop cool en plus si elle est bonne ça le fait trop quoi!!!"

NON.

Ca le fait pas du tout. Bonne ou pas, de toute façon tu viens là pour faire un gamin à te femme! De quel droit tu aurais une pensée sexuelle avec une nana dont tu connais mieux le titre que le prénom? Si tu arrives à t'exciter par une telle pensée, va te faire soigner fissa. Ca n'a rien d'excitant. C'est même plutôt humiliant. Je réserve habituellement la présentation de mes parties à l'intimité de mon couple. (Alors oui mesdames, vous devez faire ça régulièrement chez le gynéco, et bien sachez que je ne vous envie pas et que je vous admire de pouvoir supporter ça aussi souvent).

Au final, ça fera 100 euros pas inclus dans la prise en charge à 100% du dossier de pma... Dans taggle!

 

Une petite écho des roubignoles monsieur?

Pas de problèmes structurels majeurs? (ie : t'as 2 couilles, elles ont l'air normales, ta quéquette aussi)

Je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle. Ok il n'y a pas de souci de ce coté là, mais dans ce cas, ils viennent d'où les soucis? On va me faire faire quoi après?

Et bah on va passer une écho des testicules. Parce que si les zozos sont pas folichons, c'est parce qu'il fait trop chaud là-dessous(a priori). Et s'il fait trop chaud, c'est peut-être qu'une artère passe trop près de l'usine (ouais j'ai un peu oublié les détails, ça fait longtemps).

Donc cette fois, c'est rendez-vous chez un vieux doc à l'air un peu glauque qui va te foutre son vieux gel gluant et collant sur les couilles, te les comprimer à fond tout ça pour te dire qu'en fait non, tout va bien.

Tout va bien? ENCORE? Mais p*****!!!! NON! Tout ne va pas bien! Y'a pas de bébé dans le ventre de Madame!

Alors certes, ce tout va bien là était plutôt bienvenue, il m'a évité une opération qui aurait consisté en l'ablation de l'artère recherchée. Et cette opération-là, elle me faisait pas rêver... Pas du tout même!

 

Une dernière pour la route?

Celle-ci sera simple, rapide et relativement sans appel.

Je parle de la dernière palpation. Il ne s'agit pas de se faire tripoter les cacahuètes mais plutôt le pubis.

Conclusion : je suis gras du pubis et des cuisses. Conséquence : trop de chaleur pour les bijoux de famille, ça me tue mes zozos. Il va donc falloir perdre du poids, mais sans faire de sport, parce que ça réchauffe.......... Donc si tu es comme moi un gourmand invétéré avide de chocolat, de barbec, de raclettes et autres sources de gras(c'est la vie), tu vas en chier des ronds de chapeau comme il disait l'autre!

 

Voilà pour les examens que j'ai eu à passer.

Je sais qu'il en existe bien d'autres, plus ou moins sympas à faire. Je n'ai pas parlé des sempiternelles prises de sang, on en a a priori tous déjà fait une, même hors PMA.

Globalement, c'était pas vraiment sympa, mais on a vu pire et je n'ai pas trop eu à me plaindre sur les médecins rencontrés; Sans atteindre des sommités de sympathie, je n'ai pas eu l'impression de croiser de gros connards.

 

 

Papa, moi?

Avant de partir en FIV, il a bien fallu se rendre compte que la conception naturelle n'y faisait rien.

Et pour en arriver là, il a bien fallu à un moment donné évoquer la parentalité.

Sauf que quand on a une trouille bleue des gamins, qu'on constate aussi régulièrement qu'amèrement que ces mêmes gamins sont au moins autant flippés que moi à la simple vue de ma face...

Ca part mal.

Très mal même.

L'idée d'être appelé "papa", si attendrissante et attendue pour certains, me foutait une trouille de tous les diables.

Ajoutez à ça une pincée de "vieux garçon, ma vie elle est très bien je vois pas pourquoi je me ferais chier avec un morveux qui me gerbe dessus, qui m'empêche de dormir et qui a le culot de téter les seins de ma femme en ma présence"... Il faut que je détaille encore un peu?

Alors pour éviter ça, le futur papa qui s'ignore, il trouve pleins de subterfuges: "Et si on faisait construire une maison? Non parce que tu comprends ma chérie, élever un enfant sans terrain pour le voire gambader, j'ai pas envie!" ou encore "et si on se mariait? avec une chiard, on pourra pas se marier dans les meilleures conditions!" et le sempiternel "Nan mais je me sens pas prêt, j'ai pas la maturité, et puis regarde le bordel à la maison, on n'est pas capable de s'occuper d'un bébé, on le mettrait en danger!!"...

Sauf que pendant tout ce temps l'horloge tourne... Et si on devait trouver le subterfuge ultime du "je suis trop vieux, je ne PEUX plus avoir d'enfant", la sensation d'avoir raté le coche, perdu la chance de s'essayer à la parentalité... Premier coup de froid.

Toujours pendant ce temps, une autre horloge tourne : la biologique de Madame. Madame a le corps, le coeur et l'âme prêts à porter, enfanter, pouponner,... Réfuter la parentalité, c'est lui refuser ce désir profond, essentiel, c'est refuser de s'accorder sur quelque chose de profond et d'important dans la vie d'un couple. C'est aussi fermer la discussion et ne lui laisser que l'attente et le regard sur le tic-tac de l'horloge.

 

Puis vient le changement, le retournement.

Sournois, insidieux, lent, mais sur, il arrive...

Les amis viennent avec leurs enfants... On en vient à regretter d'avoir une tête à faire peur. On commence à se dire qu'ils sont mignons, rigolos, qu'ils ont poussé et fait beaucoup de progrès depuis la dernière fois. 

On se dit qu'on aimerait bien jouer avec, si on leur faisait moins peur... Ah, zut, on leur fait moins peur en fait... On se découvre des qualités d'hypnotiseur de haut vol (ah ma guitare, espérons qu'elle fonctionnera encore avec le(s) mien(s)). Et puis on découvre que ce sont de vrais petits êtres, adorables, caractériels, pénibles, trop mignons,..., qui se souviennent de nous, qui nous apprécient, qui veulent nous voir...ou pas...

Et puis au final, on finit par regarder les amis avec envie et on en oublie les premiers contacts avec ces bébés qui nous balançaient tour à tour pisse, gerbe, caca, pleurs... Et on se dit que ça manque à la maison ces pleurs, ces rires, ces cacas, ces vomis...

 

Sans m'en rendre compte, j'étais passé du "surtout pas d'enfant" au "il arrive quand le notre?".

Alors certes, ce petit n'a pas encore pointé le bout de son nez et on ne sait pas forcément quand il le fera, mais j'attends son arrivée. Non sans peur, car on ne se débarrasse comme ça de la peur, mais je l'attends quand même, et j'espère bien qu'il finira par pointer le bout de son nez.

(et puis si il arrive pas, de toute façon, on se casse aux Antilles, sans lui, pour sa peine, petit con! :D )

Bah, pourquoi ça marche pas?

Pour les enfants qui passeraient par ici, merci de vous dirigez vers la sortie. Ce que j'ai à dire pourrait vous choquer au moins autant que si je vous disais que le père noël n'existait pas. (merde je l'ai dit)

Si vous êtes encore là, tant pis pour vous, ça risque d'être gras.

Faire un enfant, à la base, c'est, pour la partie conception, plutôt un moment agréable. Avec un peu de créativité, on peut le décliner en un tas de versions différentes : romantique, bestiale, mécanique, douce, évasive (pour les détails de ces versions, je vais laisser agir votre imaginaire).

Cette conception naturelle donc, on m'avait dit qu'elle risquait de ne pas marcher du premier coup. Ni du deuxième d'ailleurs. Qu'il fallait généralement un certain nombre de mois pour y arriver. Alors patience, ça va finir par arriver..... Ca devrait finir par arriver......... Bon ça va plus tarder là.................. Ca aurait pas déjà du arriver????...................... Putain mais pourquoi ça vient pas?

Et là premier question : est-ce qu'on n'est pas trop gogole et qu'on s'y prend pas comme il faut?
A priori, il n'y a pas 200 façons de faire la chose (enfin si, mais pour la conception, oublions les formes artistiques et restons sur l'essentiel)... 

Revoyons nos cours de bio... Comment ça marche? tac tac, arrosage petite graine... ok ça normalement c'est acquis.... Ensuite... Ah! La petite graine justement, elle est là quand? Parce que tant qu'à se fatiguer, autant le faire au moment le plus propice!!!

On est donc passé au stade "tests d'ovulation". Faisons les choses proprement et lisons la notice "blablabla entre x et y jours après les règles blablabla".

Ok donc on va attendre les jours en question, faire les tests et au jour J, HOP! Tempête sous la couette!!

Donc on fait un test... Ah non pas aujourd'hui.... ok demain peut-être?

Le lendemain... AH bah non pas aujourd'hui. Bon bah demain?

Le lendemain... Roh toujours pas? Bon je veux bien garder mes forces moi mais va ptet falloir y penser!

Les 3 jours suivants : dis, tu m'avais dit que ton cycle était plutôt long, mais euh...ça commence à faire beaucoup non?

Vous l'aurez compris, le test n'a pas voulu prendre la petite teinte violette qu'on attendait pour passer à l'action.

Et vlan, dans ta gueule, premier problème à gérer. Ca ne vient pas de moi, je voudrais pas qu'elle culpabilise que ça vient d'elle tout ça tout ça...

Bon, ben voilà, va falloir consulter, ça va pas marcher si on fait rien. Rendez-vous gynéco et premier contact avec ce que j'appellerais la "pré-PMA"...