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18/09/2014

Le tabou de la PMA

Depuis que mini-nous est sur la rampe de lancement (et que ce blog a démarré), je me suis énormément détendu sur le sujet de la PMA. 

Du coup, j'en parle beaucoup plus facilement qu'avant. Je ne le crie pas non plus sur les toits, mais j'ai moins de mal à dire, au mieux que c'est un bébé fiv, au pire que ça a été TRES long et TRES compliqué avec un sourire entendu.
Généralement, à ce stade, ceux qui ont connu de près ou de loin un parcours de PMA se réveillent et lâchent un truc genre "ah mais vous aussi?"...

Attends... Comment ça "NOUS AUSSI"?

Et oui, la PMA touche de plus en plus de monde. On sait bien qu'on n'est pas seul, mais on n'a pas toujours conscience de l'empleur du phénomène et du nombre de futurs parents dans cette situation.
Et la plupart du temps, les couples vivent ça exclusivement à deux, dans leur bulle, sans même envisager qu'un soutien extérieur pourrait être non seulement possible, mais aussi hautement bénéfique! (j'ai fait exactement pareil, replié comme une andouille, trop gêné pour oser en parler à qui que ce soit)

D'expérience, les femmes semblent s'ouvrir un peu plus facilement avec un cercle de proches plus ou moins restreint, mais ça a l'air de rester relativement marginal. Alors pourquoi on ne peut pas simplement en parler? Il ne devrait normalement rien y avoir de honteux à être en parcours de PMA? Est-ce que ce ne serait pas un gros tabou au final la PMA?

Quand je vois la quantité de naissances tous les ans, rien que dans notre service de PMA, je trouve hallucinant de ne pas en entendre parler plus souvent! C'est d'ailleurs une des raisons de vivre de ce blog. Je voulais que n'importe quel papa en perdition sur le net puisse trouver un témoignage positif d'une PMA heureuse!
Aujourd'hui, ce but est toujours là et j'espère qu'il le restera. Je continuerai donc ici à vous causer régulièrement de PMA, de FIV comme je l'ai déjà fait jusque là. Je n'ai pas espoir de changer le monde et de faire sauter d'un coup de baguette magique l'isolement de tous ces couples mais si à un niveau local, je peux arriver à en aider un ou deux, j'aurai réussi mon petit pari!

05/08/2014

Garçon ou fille?

Cet article m'a été largement inspiré suite à ma participation au #pap numéro26 du 23 juillet dernier et ayant pour thème "un papa est-il différent selon s'il est papa de fille ou papa de garçon".

Cette thématique m'a forcément amené la question "et toi tu préférerais quoi? Un gars ou une fille?"

Et cette question on me l'a déjà posée plusieurs fois, avec ou sans la connaissance de notre passage par la FIV.

A chaque fois, j'étais un peu coincé, ne voulant pas répondre de manière trop véhémente(tu vas comprendre), mais ne voulant non plus tenir un faux discours à mes interlocuteurs("Oh oui je suis un homme alors forcément j'aimerais mieux un petit garçon!" #cliché).

 

Soyons clair. Au moins pour ce qui me concerne, lorsque tu en passes par la PMA et à plus forte raison par la FIV, un garçon ou une fille tu t'en fous! Et pas qu'un peu! Concrètement, ce que tu veux le plus, c'est un enfant, pas un sexe.

Allez demander à un mec en train de crever de faim si il préfère ketchup ou mayo avec ses frites! Il ne s'était même pas posé la question de la sauce pardi! Le simple fait de savoir qu'il allait pouvoir se nourrir lui a redonné un sérieux coup de boost au moral!

#Attention #CoupDeGueule

Il parait (je ne retrouve plus mes sources, ni aucune stat tangible) que certains couples, en PMA, parviennent à connaitre le sexe du bébé grâce à un test urinaire simple (interdit en France précisément pour cette raison). Ce test permet de supposer, avec fort taux de fiabilité(82%), le sexe du bébé à partir de la 10ème semaine d'aménorrhée. Si ce test est interdit à la vente en France, c'est pour éviter les IVG pour seul motif du sexe de l'enfant. Globalement, je suis déjà contre ce genre de dérive, mais si en plus ça touche ceux qui sortent d'un cursus de PMA, je trouve ça passablement honteux!

Pour ceux qui ne le sauraient pas, une FIV coûte cher. TRES cher(environ 4100 euros par tentative complète). A la sécu j'entends, puisque les couples sont pris en charge à 100%. Ajoutez à ça le coût de l'IVG et vous aurez l'addition salée pour caprice de ces gens-là. (je ne parle évidemment pas des IVG thérapeutiques, ceux dans cette situation ont naturellement toute ma compassion et toute mon affection)

Alors oui, je vais le répéter encore une fois, garçon ou fille, ça ne m'importe tellement pas, du moment que j'ai un petit brin de vie à papouiller à l'horizon 2015, tout ira pour le mieux!! Ceci dit, j'aurai grand bonheur à vous annoncer le sexe de bébé dès que je le saurai! (ou presque) Et de toute façon, je serai bien incapable de garder le secret très longtemps... :p 

Stay Tuned!!

pma,fiv,garçon,fille,osef

(non c'est pas moi sur la photo, même si on se ressemblerait presque un peu, quoi qu'il en soit, je m'y vois déjà)

 

22/06/2014

Ca a marché! Pourquoi? Comment? Chronique de nos chances...

Notre première FIV est donc une réussite. Totale on pourrait même dire.

Et c'est tout aussi plaisant qu'inattendu. Avec le petit recul dont je dispose aujourd'hui, je vais tâcher de revenir sur ce qui a pu faire pencher la balance de la chance en notre faveur.

Ne maximisons pas nos troubles:

Tout d'abord, relativisons nos problèmes; commençons par les miens :

J'avais un spermogramme très moyen avec un taux de survie à 6h de 0% (ie : tous mes spermatozoides étaient mourrus au bout de 6h, normalement ça tient 24h, le temps de remonter le col de batailler avec les potes, de trouver le bel ovule et de passer le videur à l'entrée). Alors ok, pour faire un bébé couette, c'est foutu. En revanche, sur une fiv, la fécondation a lieu dans l'heure qui suit la sortie des troupes, ça rend déjà la chose beaucoup plus probable.

Ensuite, ils étaient plus ou moins tous difformes(on appelle ça tératospermie), ce qui laissait présager un bien piètre capital génétique et de faibles chances de survie en cas de fécondation. encore une fois, les protocoles de fiv incluent une sélection drastique des meilleurs specimens. En clair, au milieu d'une bande d'elephant men, on va essayer de trouver quelques Songoku bien bâtis.

Enfin, ils étaient peu nombreux, ce qui fait que la sélection lors de la montée du col allait s'apparenter à un génocide en règle. On n'attaque pas une nation avec 2 gusses en sandales. Encore une fois, la fiv permet de sélectionner les meilleurs et de leur faire prendre un gros raccourci en les mettant directement en présence d'un ovule bien en chair.

De mon coté donc, même si pour une conception naturelle, fallait pas trop y compter, la science nous permettait déjà d'y croire un peu plus. (et c'est bien ce que nous avait dit le tout premier gynéco de ma femme après mes premiers examens "avec une fiv, ça marchera") Il existe bien des cas beaucoup plus à plaindre que moi.

Passons ensuite aux problèmes de Madame : 

Une ovulation plus qu'erratique : qu'à cela ne tienne, la stimulation ovarienne est là pour pousser le corps à pondre de jolis oeufs! Ca évite bien des tests d'ovulation et crac-crac mécanique à heures médicales...

Plus pénibles : l'endométriose et des ovaires polykystiques. Là-dessus, la prudence était de rigueur. Seuls les personnels de l'HFME de Bron ont su en tenir compte. Souvenez-vous de notre premier service de PMA(par là): en gros Madame était trop grosse et la stimulation n'allait pas fonctionner, il allait falloir lui coller des doses de cheval. Discours de l'HFME : avec des ovaires polykystiques, il faut être très précautionneux, sans quoi on peut vous hyperstimuler et vous faire éclater les ovaires... Ici, la qualité de la prise en charge a permis de prendre en compte un problème mal connu sans mettre en danger Future Maman.

Les bonnes idées de notre parcours:

Parce que pendant toute notre quête de parentalité, on a eu quelques éclairs de lucidité sur certains points.

L'acupuncture : 

J'en parlais ici. On n'aura jamais de preuve formelle que ça a aidé. Néanmoins, attaquer une stimulation ovarienne avec des ovaires propres de tout microkyste et avec un volume d'endométriose bien contrôlé, je ne peux pas croire que ça n'ait pas été d'une aide précieuse. Un grand merci au Docteur Sun.(il nous a aussi traité de l'asthme, des problèmes de genoux, d'épaule,et j'en passe)

La rigueur des traitements :

Clairement, je pense qu'on fait partie des bons élèves. Tous nos traitements ont été suivi hyper scrupuleusement, que ce soit avant, pendant ou après le protocole. Toutes mes vitamines du matin, je ne les ai oublié que 2 ou 3 fois en plus de 6 mois de traitement. Pendant la stimulation, les consignes étaient de faire les injections à heure fixe, on n'a jamais dépassé de plus de 10 minutes. Bref, un comportement de premier de la classe, limite fayot, mais quand tu décides de faire confiance à une équipe, autant aller au bout de ce qu'ils proposent.

Notre hygiène de vie : 

Alors oui on est en surpoids autant moi que Madame. Certes on n'a pas réussi à perdre ce qu'on souhaitait ou ce qui nous était conseillé pour la FIV. Néanmoins, nous avons su stabiliser nos courbes de poids, perdre un peu en se mettant à manger mieux. Pas moins(gourmands que nous sommes!). Mieux. Moins de fastfood(préférer un bon burger maison avec un steak haché frais et des légumes du marché!), plus de fibres, de vitamines naturelles (pommes, bananes,agrumes...). On s'était également remis à faire un minimum de sport (badminton et hapkido pour moi, Karaté pour Madame). J'ai aussi arrêté les tupper plastique pour bouffer au boulot, j'ai levé le pied sur le téléphone dans la poche du pantalon, j'en ai acheté des plus amples pour éviter les montées de températures au niveau testiculaire.

A quoi tout ça a servi? A mon avis, principalement à rendre nos organismes plus robustes pour les moments de stress et de fatigues intenses. Et même sans preuves scientifiques formelle, je veux encore une fois croire que dans tout le protocole, cette démarche aura clairement servi à quelque chose! 

Le lâcher-prise : 

J'en parlais déjà ici suite à la lecture de ce très bon article de psychologie.com. Lors du démarrage du protocole, nous avons dressé une défense psychologique forte : la première ne marchera très probablement pas. Avec les stats de la PMA en France, être trop optimiste sur une première tentative nous semblait risqué. On s'est donc mis en tête que ce n'était qu'un coup d'essai et qu'il faudrait recommencer, nous déchargeant du même coup de pas mal de stress et d'attentes excessives. Au final il s'est passé ce que décrivait le médecin dans l'article cité plus haut.

Une équipe de pointe : 

"QUÆ SUNT CÆSARIS, CÆSARI", il faut rendre à césar ce qui est à  césar.

Nous avons vraiment eu une équipe formidable et ce, à tous les niveaux. Depuis les premiers rendez-vous jusqu'aux dernières phases de la fiv. Les médecins, professeurs, sages-femmes, secrétaires, tous ont fait montre d'une compétence rare et d'un humanisme particulièrement réconfortant.

Se lever à 4h du matin pour passer des échographies couperets tous les deux jours n'est pas forcément une partie de plaisir. Mais chaque matin, nous étions reçu par des sages-femmes douces, compréhensives, rassurantes, toujours souriantes, et ce malgré le démantèlement en règle de leur statut

Enfin, d'un point de vue purement technique, j'ai la sensation que notre équipe de PMA fait partie de ce qu'il se fait de mieux au moins en Rhône-Alpes (exemple). 

La chance:

Et oui, je pense qu'on a aussi eu un peu de chance, que Futur Bébé sera un wonder Baby qui va s'accrocher à la vie au moins autant qu'on s'accroche déjà à lui! Il a du avoir un forte volonté pour en arriver jusque là. De 13 embryons du départ, il sera le seul à avoir survécu. Je crois que je l'appelerai Highlander! :)