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22/05/2014

Pourquoi écrire?

C'est un premier post qui revient souvent.
On se demande et on explique pourquoi on a voulu écrire.
Comme si on devait justifier le fait de vouloir partager un témoignage.
Pour ma part, j'ai envie d'écrire et je n'ai pas besoin de meilleure raison pour le faire!

Néanmoins, il m'a fallu 2 déclencheurs pour en arriver là:

  • Le besoin d'expression
  • L'envie de partager

Au niveau de l'expression, j'avais besoin de faire sortir tout un tas de choses.
Envisager la parentalité peut déjà être difficile, alors quand il faut y ajouter des déboires médicaux, ça devient carrément pénible!

En tant que bon macho fini (oui ami lecteur, autant que tu le saches dès maintenant, je suis un sale macho de base, tu aurais de toute façon fini par t'en rendre compte tout seul), en tant que bon macho fini disais-je, je n'ai guère tendance à appeler les potes pour m'épancher sur leurs fortes épaules à propos de la difficulté de ma condition. Non, le seul soutient que j'attends et que je reçois est celui de ma chère et tendre. Il est néanmoins des moments où on aimerait une oreille de la même condition que nous. Au risque de passer pour un vieux gay refoulé (et même si c'était le cas, qu'est-ce que ça peut te foutre??), mais l'oreille attentive et la complicité d'un pair masculin n'ont que peu d'égales.

De ce besoin est né une curiosité internautienne autour des témoignages de (futurs)parents en FIV. Force est de constater que l'écrasante majorité de ces récits émanent de la gente féminine. Moins pudiques de leurs soucis, les femmes sont plus enclins à partager leur ressenti.
Face à ce constat, j'ai eu envie de partager mon expérience, espérant qu'elle pourrait être utile ou réconfortante à quelque usine de testostérone esseulée.

Ces pages vous conteront donc ce que j'ai vécu, ce que Nous avons vécu, à travers mon regard et mon ressenti d'homme

A très bientôt ami lecteur!

La parenthèse acupuncutre

Le premier contact avec la PMA a été, il faut bien l'avouer, un vrai fiasco. On avait besoin de soutien, d'encadrement sur un univers qui nous était étranger et dans lequel on n'avait aucunes marques.

On n'a rien eu de tout ça avec ce premier service (on a même échappé de peu à de la mise en danger, mais ça on ne s'en rendra compte que beaucoup, beaucoup plus tard).

Ne voulant pas abandonner, on s'est dit qu'on pourrait envisager les médecines douces/parallèles.

Je pourrais mettre le douce entre guillemets tant ces traitements ont pu être éprouvant, surtout pour Elle.

Mes parents connaissaient un certains Docteur Sun, sommité locale(Rhône Alpes) en MTC(Médecine Traditionnelle Chinoise). Nous l'avons contacté en évoquant nos problèmes de fertilité.

En débarquant il s'est donc attaqué aux ovaires polykystiques de Madame. Ames sensibles s'abstenir, c'était pas beau à voir. Enfilage d'environ 10cm d'aiguilles dans le bide, dans les reins, ajout de ventouses chauffées, d'électrodes sur le tout, passage de petits courants électriques. Massages du dos avec les pieds (donc debout sur son dos)... Bref, ma chère et tendre a dégusté, sévèrement même. Tout l'attirail étrange et face auquel on est généralement plutôt dubitatif, voire même carrément septique... Mais on s'était dit qu'il fallait s'ouvrir un peu à d'autres choses, sachant qu'il avait déjà soigné bien des maux de proches avec ces méthodes pour le moins étonnantes.

Il n'empêche, à l'écho suivante, les ovaires de Madame n'étaient plus polykystiques. Ils étaient tout propres. Et tout ça sans s'enfiler le moindre produit, bah ça fait plaisir! Par contre, ça allait forcément revenir à un moment ou à un autre, sans trouver la cause profonde (manifestement, aucune médecine ne sait vraiment d'où ça vient), ça revient toujours.

Toujours d'après notre Médecin, je serais en bonne santé et sans problème particulier.

Il nous prescrira juste un cocktail de plantes pour rebooster tout le système, mais le coup de ce traitement étant excessivement plus élevé que prévu (même pour le Médecin), on fera sans.

De là, retour aux tests d'ovu pour tâcher de faire les galipettes au moment le plus propice et maximiser nos chances de réussites. Déjà un changement hautement notable par rapport à avant : Madame ovule!! Les tests passent en positifs et c'est parti pour 3 jours de sport intensif sous la couette!! (parce qu'on va pas se bouder le plaisir non plus!). Tellement de sport que sur la fin, j'avais la machinerie proche de la surchauffe pour être honnête (et oui on n'a plus 20 ans... Enfin, surtout moi)

... 

A ce moment là, j'avais envie de croire que ça allait marcher. En toute honnêteté, je pense que ça aurait marché, il aurait peut-être fallu se prévoir le budget plantes médicinales, mais je me disais qu'on y arriverait. Mais sous combien de temps? Après combien de tentatives?

Chaque mois, chaque arrivée de règle devenait un calvaire de plus en plus dur à vivre, surtout pour Madame, mais aussi pour moi. On aurait pu continuer à essayer tous les mois, mais avec de moins en moins de conviction que ça pouvait réussir. Cette étape par la médecine chinoise nous a apporté une très belle avancée, mais avec le peu de reconnaissance qu'elle a et le peu de recherche qui vont dans ce sens, comment savoir si c'est ce qu'il nous faut, si nous aurons un aboutissement en passant par là? Et surtout est-ce que moralement on pourra tenir suffisamment longtemps?

C'est face à ces problèmes que je me suis posé la grande question : et si l'échec actuel n'était plus que de mon ressort, de mes problèmes? Si Madame ovule et que rien ne se passe, sachant l'état plutôt moyen de mes derniers spermogrammes, il va peut-être falloir creuser de ce coté là...

J'ai donc trouvé sur Lyon un professeur spécialisé dans l'infertilité masculine officiant au sein du département PMA de L'HFME (Hôpital Femme Mère Enfant) qui nous prendra en charge et permettra vraiment de nous lancer dans un projet avec des étapes visibles et un aboutissement qui nous paraissait enfin atteignable.

Le mot est lâché!

Infertilité.

Primaire de surcroît.

Moi qui ai tendance à me prendre pour quelqu'un d'évolué, j'aurais préféré une infertilité "de bon gout", "raffiné" ou alors un truc qui a de la gueule genre "infertilité sa race", "infertilité qui roxxe du poney" ou très à la limite un bon calembour des familles "infertilité, rature?", "infertilité, à la menthe?"... (oui oui je sais, je sors -->> [] )

 

Le diagnostic n'est pas apparu tout seul. Si vous avez raté l'épisode précédent, il est ici.

On avait donc pris différent rendez-vous pour savoir ce qu'il en était. Pour savoir ce qu'il en était autant du coté de Madame que du mien, on m'a demandé de faire un spermogramme. Euh... un quoi??? Un cdhxdkwsmogramme!!!

Bah ouais quand on est pudique et un tantinet coincé, le mot est dur. Surtout quand il s'agit d'appeler le labo pour prendre rendez-vous, qu'on est au boulot et qu'on n'a pas trouvé d'abri antiatomique pour passer l'appel...

Mais à coeur vaillant rien d'impossible, j'ai mon rendez-vous!

Un charmant samedi matin, pluvieux, je me pointe au labo à l'heure dite.

- Bonjour messieurs dames, vous venez pour?

- Un spercfrqrswdsmogramme.

- Un quoi?

- Un SPERfckrdssogramme!!!

- Pardon???

Ouais tu vois, j'ai toujours autant de facilités à prononcer les mots importants!

Enfin bref, la dame nous conduit dans une petite salle mansardée et m'explique brièvement le protocole à suivre : lavage des mains, de la quéquette, désinfection du tout avec un savon spécial, prélèvement par masturbation...

Alors je veux pas jouer la sainte nitouche mais franchement, me branler dans une vieille alcove glauque avec comme argument de motivation "y'a des magasines de 1937 dans le tiroir" (connasse je suis venu avec ma femme, comme si j'avais besoin des tes magasines à 2 balles!)...

Pour le coup, contrairement à la conception naturelle, le spermogramme n'a rien d'une partie de plaisir. On se sent con, comme une piètre usine à foutre (même pas en bon état de marche si ça se trouve, vu qu'on en est là), à faire un acte qu'on a pourtant tous fait un nombre incalculable de fois dans notre existence, mais dans un contexte qui donne franchement pas envie...

Enfin bon, je finis quand même par faire fap-fap dans le gobelet, déçu dans mon amour propre par la faible quantité produite (j'te jure, le contexte aide pas à sortir ta meilleure performance!), on rend l'échantillon, on laisse une somme avoisinant les 80 euros et on rentre à la maison.

Quelques temps plus tard, rendez-vous avec le spécialiste qui lâchera tout un tas de noms barbares mais avec celui-ci qui me restera le plus : INFERTILITE PRIMAIRE.

La claque dans ma gueule, je ne pourrai très probablement pas avoir d'enfant sans aide médicale.

Paradoxalement, ça me rassure. Sachant que ma chère et tendre avait déjà des soucis, le fait que j'en ai aussi va nous permettre d'être sur un pied d'égalité et de ne pas entendre tous les médecins fustiger ma femme pour ses problèmes. Les problèmes sont partagés, les efforts le seront aussi, quelque part, je préfère qu'elle ne soit pas la seule à porter les ennuis médicaux. Et pour la première fois, on nous dit qu'il y aura très certainement à faire une FIV...

Bon ben nous reste plus qu'à prendre rendez-vous avec un des départements de PMA de notre région.